MAISON
“My home is where I
am” chantent les Roms... En bon Belge, je dirais
même plus: “My home is who I am”. Il y a
quelques années j’ai
délibérément choisi de passer trois
ans sans domicile fixe. Couche après couche j’ai
vendu,
prêté, laissé en
dépôt ou donné quantités
d’objets qui ne m’ont pas manqué; j'ai
brûlé
les albums de photo, les lettres reçues et bien des traces du
temps passé, toujours dans cette quête
fébrile de me rapprocher de l’instant
présent.
Cette période pivôt s’est
terminée par un long voyage à pied, lent retour
aux sources qui me vit cheminer des rivages andalous
jusqu’au menhir-monument au pélerin
anonyme érigé par les Galiciens de Belgique dans
ma ville natale. 3000 kilomètres à pied qui
m’ont aéré,
décrassé et lessivé à tous
les étages, me laissant neuf, grandi, redressé,
plus fort, plus léger et sans doute plus sensible.
Aujourd’hui, j’alterne phases
sédentaires et périodes nomades. Je cultive en
l’arrosant l’art d’habiter mon chez moi,
fût-il temporaire, cherchant sans cesse le confort,
l’équilibre et la circulation optimale de
l’énergie en moi et autour de moi.
“Là tout n’est qu’ordre et
beauté...”. On n’est pas Balance pour
rien.
"J’ai ma maison
dans le vent sans mémoire
J’ai mon savoir dans les livres du vent
Comme la mer, j’ai dans le vent ma gloire
Comme le vent, j’ai ma fin dans le vent. "
(Poème tzigane, cité par Xavier Christiaens dans un cahier disparu)
FENG SHUI
L’Ecole des Formes, dont
je m’inspire lors des consultations, prend comme point de
référence l’entrée
énergétique d’un lieu de vie (demeure,
magasin, bureau...) pour étudier en détail et en
profondeur la circulation de l’énergie vitale dans
ses différents secteurs. L’outil de
prédilection est le Ba-Gua, diagramme permettant
d’associer à chaque zone du lieu en question un
aspect de la vie de ses occupants, créant ainsi une
image-miroir de comment ceux-ci l’habitent. Grâce
à une observation minutieuse du milieu et des
éléments qui le composent (dimensions, couleurs,
matières, volumes, textures, espaces, lumière,
sons, objets...), le Feng Shui leur permet
généralement de mieux comprendre
comment ils fonctionnent dans leur lieu de vie ou de travail, et de
cerner quelques-unes de leurs priorités.
L’analyse de terrain se traduit dans un second temps par la
remise d’un rapport écrit
détaillé assorti de suggestions ouvertes
permettant d’apporter les changements nécessaires
pour aider à dissoudre un blocage, à combler un
manque ou à laisser se transformer en douceur une tension.
Concrètement, une première consultation dure
environ trois heures et se déroule sur les lieux
à la demande et avec l’accord de ses occupants, si
possible en leur présence et à l’aide
d’un plan à l’échelle
réalisé par un architecte ou à
défaut par leurs soins. Une conversation
téléphonique préliminaire permet de
cerner leur demande afin de cibler au mieux leur intention. Celle-ci
peut concerner un souhait de changement dans un secteur ou dans la
totalité de la maison... ou de la vie, les deux
étant les deux faces de la même monnaie!
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PLANETE
Un des rituels les plus
excitants
de mon enfance, attendu avec fébrile impatience par mes
frères et moi lorsque notre papa rentrait de voyage,
était l’ouverture
cérémonielle de sa valise, rapidement suivie de
la distribution des trésors. Boomerang sculpté,
Bouddha joufflu rieur, profil de déesse à queue
de poisson, carillon aigrelet, estampe dorée où
des colonnes de signes cabalistiques longeaient de sombres et
délicats motifs floraux... Ces objets, toujours intrigants,
souvent décevants, ont acquis au fil du temps une patine et
une charge de sens qui en font aujourd’hui de
précieux compagnons.
Certains amis me traitent parfois d’"Electron
libre" ou me taquinent en m’appelant “Wandering
Monk", “Patonton thaï” ou encore
“Patiperro”... Depuis tout petit je
préfère les grands atlas aux petits
écrans et les
cartes routières et les plans de ville aux feuilletons et
aux séries télé. Aujourd'hui, si je
veux
savoir comment va le monde, je choisis simplement de voler à
sa rencontre pour le lui demander de vive voix.
Voyager ne coûte pas
cher... c’est juste une
question de choix, d’ouverture et de souplesse. La plus belle
découverte de ces dernières années
s’appelle
Couch
Surfing. Ce réseau international regroupe plus
d’un million de personnes sur les cinq continents, aimant
voyager et/ou héberger des gens de passage,
pélerins, nomades, touristes, familles, voyageurs
d’affaires, couples forts ou maillons faibles, ou tout
ça mélangé. Mon appartenance
à ce réseau est ce que j’ai
trouvé de mieux pour concrétiser mes opinions
politiques: oui je prends le risque fou d’accueillir un
inconnu, non je n’ai pas peur qu’il m’ait
menti et qu’il m’attaque au couteau en pleine nuit,
oui je lui offre parfois un thé, un repas ou une balade
autour du bloc, non je n’accepte pas
sytématiquement toutes les requêtes
d’hébergement, oui je prête un double de
mes clefs, oui je crois qu’un sourire bienveillant, une
marque de confiance et une porte ouverte peuvent pulvériser
des montagnes d’intentions troubles.
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